Moissanite synthétique traitée par enrobage

26.09.2018

Le Laboratoire Français de Gemmologie (LFG) a récemment eu à analyser une gemme rose de 0.41 ct déposée pour identification. Aux premières observations, le doute était permis sur le traitement car la pierre présentait une couleur rose avec des ponctuations visibles sur sa surface.

Observées sous une loupe binoculaire, il a été possible de voir que ses ponctuations avaient un reflet métallique et quelques fois pouvait ressembler à des oxydations. De plus, la couleur rose vif de la pierre semblait concentrée au niveau de la surface de la pierre avec à certains endroits des trous de couleurs dus à des rayures ou égrisures de ce film coloré. Lorsque la gemme est observée de profil, un net doublage des arêtes est visible indiquant que la matière est anisotrope enlevant le doute qu’avait le client lors du dépôt sur la probabilité que ce soit un diamant rose.

La pierre a été analysée avec différents outils scientifiques comme des spectromètres infrarouge, UV-Visible et Raman. Tous les spectres recueillis indiquent qu’il s’agit d’une moissanite synthétique traitée par enrobage d’un film coloré. L’étude chimique de ce film a permis de préciser la nature des éléments colorants ce film composé principalement de calcium : le fer et le titane.

C’est le premier exemple de moissanite synthétique traitée par dépôt d’une couche mince colorée identifiée au LFG. Ce type de traitement n’est pas rare sur les topazes ou les quartz, ou bien encore sur les diamants ou les tanzanites. Mais les gemmologues doivent rester vigilants car ce traitement peut être adapté à toutes les gemmes naturelles ou synthétiques.

Photo 1 : pierre déposée au LFG pour analyse (© LFG - 2018)

Photo 2 : Ponctuations métalliques à la surface de la gemme étudiée (largeur de champs : 1.8 mm env., par A. Delaunay, © LFG 2018)

Photo 3 : doublage des arêtes observé par la couronne de la moissanite synthétique (largeur de champs : 3.4 mm env., par A. Delaunay)

TREATED SYNTHETIC MOISSANITE BY COATING 

The French gemmological laboratory (Laboratoire Français de Gemmologie - LFG) has recently received a 0.41 carat pink stone for identification. The first observations brought up doubts about the natural origin of its colour. The surface of the stone contains numerous patches (photos 1 and 2).

Under microscope, these punctuations have metallic reflects, sometimes along oxidation parts. Furthermore, the pink colour seems concentrated at the surface. Some unevenness in the colour can be observed due to scratches of this film. When the gem is observed through the crown, the gem shows a clear doubling of its edges indicating that the material is anisotropic. These elements clear up the client’s doubt of the gem being a pink diamond (photo 3).

The stone has been analysed with several scientific instruments such as infrared, UV-Visible and Raman spectrometers. All the spectra collected indicate that it is a synthetic moissanite treated by coating with coloured film. The chemical study of this film revealed elements responsible for the colour of the calcium rich film: iron and titanium.

This is the first example of synthetic moissanite treated by coating with a thin coloured film identified at the LFG. This type of treatment is not rare on topaz, quartz, or even diamond or tanzanite. Therefore, gemmologists must remain vigilant because this treatment can be done to all gems natural or synthetic.

Photo 1: pink stone analysed at the LFG

Photo 2: metallic punctuations on the surface of the studied stone (field of view: 1.8 mm approx., by A. Delaunay)

Photo 3: doubling of the edges observed by the crown in this synthetic moissanite (field of view: 3.4 mm approx., by A. Delaunay)

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