17ème conférence du LFG : l’Emeraude colombienne d’hier et d’aujourd’hui

23.05.2018

Le mercredi 16 mai, le Laboratoire Français de Gemmologie a donné sa 17ème conférence dédiée à l’émeraude de Colombie, en partenariat avec l’Association Française de Gemmologie.  

Annabelle Herreweghe, gemmologue au LFG et Aurélien Delaunay, responsable du LFG ont présenté à l’assistance les Gem’Actus du Laboratoire Français de Gemmologie. Dans les actualités gemmologiques, nous pouvons citer des dislocations dissoutes exceptionnelles dans un diamant (https://www.gia.edu/gems-gemology/spring-2018-microworld-type-iia-diamond-with-extraordinary-etch-channels), de l’amazonite traitée par teinture et imprégnation, des opales traitées par teinture, des dumortiérites gemmes de Madagascar, des soufflures fines, etc.

La conférence sur l’émeraude a été animée par M. Gaston Giuliani, géologue et directeur de recherche à l’IRD et au CRPG de Nancy. Spécialiste des émeraudes, il concentre ses recherches depuis 1985 sur cette gemme remarquable et complète ses travaux par de nombreux voyages d’étude au Brésil et en Colombie.

Considérées comme la variété la plus pure et la plus recherchée en joaillerie, les premières émeraudes colombiennes se sont développées il y a 65 millions d’années dans la cordillère des Andes.

L’émeraude est une variété de béryl, dont la couleur verte provient de traces de chrome et de vanadium. Elle est rare et donc précieuse car sa formation nécessite des conditions géologiques exceptionnelles : la présence de béryllium, composant principal du béryl, se trouve surtout dans le magma de la croûte terrestre, ainsi que la présence de chrome et de vanadium, plutôt situés dans le manteau terrestre. C’est le paradoxe de l’émeraude : les trois métaux qui la composent, géologiquement incompatibles, se retrouvent de façon singulière dans cette gemme. Elle est véritablement le fruit du hasard.

En Colombie, ont eu lieu des conditions géologiques exceptionnelles qui ont permis la création de gisements extraordinaires. Le granite, composant essentiel de la croûte terrestre, est entré en contact avec les roches de manteau. Un fluide est venu alors créer une réaction chimique et transformer toutes ces roches, créant ainsi les conditions de la formation des émeraudes.

Les gisements les plus importants d’émeraudes se trouvent en Colombie, Brésil, Russie et Zambie. Les principaux sites de production colombiens sont les mines de Chivor, Muzo, Peñas Blancas et de Coscuez. La Colombie assure actuellement 55 % de la production mondiale d’émeraudes (source 2011).

Les particularités des émeraudes colombiennes

On trouve les émeraudes colombiennes dans le schiste argileux à matière organique, présent dans la Cordillère orientale ou occidentale des Andes. La formation des émeraudes qui a eu lieu entre 65 millions d’années et 35 millions d’années, correspond à des déformations structurelles de la cordillère (la plaque Nazca entrant en collision avec la plaque sud-américaine). La configuration particulière des couches géologiques sur ce territoire permet la création de très beaux cristaux d’émeraude, souvent de grande taille comme l’émeraude de Gachalà. Certaines originalités cristallographiques sont très recherchées par des collectionneurs, notamment les émeraudes trapiche ou étoiles à six branches.

 

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